Vivre, oser

Vivre c’est osé
Que d’inconnu alentour
Vivre c’est oser

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So long…

So long,

On s’est croisés en 2003, et on s’est immédiatement plus, d’ailleurs on est partis ensemble ce jour là.

On a construit des souvenirs, des bons, des beaux, des chauds aussi. On est allé partout, en France, en Europe. Parfois c’était pour le plaisir, parfois c’était pour le travail. La vie est ainsi faite que je t’ai laissé aux endroits les plus étranges, à Séville au soleil, à Tours dans la brume, je suis toujours venu te chercher.

Quand tu as fui, j’ai hésité, pensé à te remplacer, mais par quoi, tu avais des qualités qui te rendaient irremplaçable, de l’espace, de longues jambes. Alors tu as retrouvé ta jeunesse, tu n’avais plus alors de valeur que pour moi, et je savais que je serais le dernier responsable de ton destin.

On a continué à faire ensemble des trucs hors norme – mais toujours dans la plaque. À avoir chaud, la vie n’était pas un fleuve tranquille.

Jusqu’à samedi. Un bête boitier. Le plus mauvais moment, ou le meilleur, personne ne s’est rendu compte de rien. À un milipoil près, tout était différent. Jusqu’au bout tu m’as protégé, jusqu’au bout je t’ai piloté, et je suis rentré à pied. Jusqu’au bout, on a tenu le cap, tenu le coup. Jusqu’au bout tu as été solide, fiable.

Objet désormais inanimé, tu avais donc une âme, attachée à mon âme, tu as quitté la fréquence, tu vas quitter le circuit.

Objet désormais inanimé, je classe nos souvenirs, nombreux, divers, comme je sais faire, je range, je regarde, je me souviens. Je repasse tous ces moments, je repasse ces deux minutes. Je cherche à comprendre, je revois chaque geste, de la façon la plus inutile, les choses sont comme elles sont, et pas autrement. J’écoute cette musique, en boucle, ce cri, un cri tripal, de tristesse autant que de rage.

Merci pour tous ces moments, et merci pour ces deux minutes.

Maintenant vient le temps du silence.

Maintenant je dois me faire au son du silence.