Je passe mon tour

Je passe mon tour
Tu vas où je ne veux pas
Je tremble déjà

J’attends mon tour
Là où un jour tu viendras
Le temps est à moi

Publicités

Est-on ce que l’on cherche ou ce que l’on trouve ?

À supposer qu’on me demande ici si on est ce qu’on cherche ou ce qu’on trouve, j’assurerai que la réponse dépend d’avoir trouvé ou pas, ne soulevant pas le point de la nature de ce qu’on cherche, pour engendrer une telle question, ce qu’on cherche au point de ne pouvoir renoncer à sa recherche ne peut être qu’un absolu, au moins un idéal, mais la recherche d’un absolu porte en elle même son infructuosité, voire son impossibilité puisqu’une trouvaille approchée ne serait que le résultat d’une compromission, son infructuosité même qui va conduire à sa constance, et par là au fait que cette recherche nous définit, jusqu’au moment où, lâchant prise, on se laisse envahir, fut-ce par surprise, par un autre absolu, un autre idéal, celui qu’on ne cherchait pas, et qui pourtant nous définit encore mieux que celui qu’on cherchait, d’une part du fait de l’existence de l’absolu trouvé, l’existence de l’absolu cherché restant de son côté à établir, d’autre part du fait que cet absolu trouvé, qui nous est tombé dessus par surprise se trouve par là même être en notre totale adéquation et de ce fait nous correspondre, le tout posant en tant que de besoin qu’on est ce qu’on cherche tant qu’on a pas été trouvé, et qu’on est ce qu’on a trouvé une fois surpris par cet avoir été trouvé, sauf à garder un contrôle de soi tel qu’il rende impossible le fait d’être trouvé auquel cas on se retrouve au soir de la vie comme n’ayant jamais été que ce que l’on cherchait, par faute de s’être laissé trouver, personnellement je trouverais ça triste, ce qui me conduit à proposer qu’il convient à ceux qui ont besoin de se laisser guider par les rails de la morale qu’ils se sont choisi, ou qu’ils se sont laissé imposer mais tel n’est pas le sujet de notre débat, de rester définis par ce qu’ils cherchent, ce qu’ils cherchent pouvant se dire aussi comme ce qu’ils veulent trouver, aux autres de se laisser envahir par ce qu’ils vont trouver, qui les définira alors de la manière la plus adroite et la plus naturelle.